EcoIndex, PageSpeed Insights et GTmetrix : pourquoi leurs scores peuvent-ils se contredire ?
Performance site web ? Un site peut obtenir D sur EcoIndex, plus de 85/100 sur PageSpeed Insights mobile et A avec 100 % de performance sur GTmetrix.
Un autre peut obtenir B sur EcoIndex, mais seulement 79/100 sur PageSpeed mobile, tout en affichant lui aussi 100 % de performance sur GTmetrix.
Alors, quel outil faut-il croire ? Les trois. À condition de comprendre qu’ils ne répondent pas exactement à la même question. C’est ce que j’ai pu constater récemment en analysant la performance de plusieurs sites web avec ces trois outils. Et c’est aussi une bonne illustration des limites d’une pratique malheureusement fréquente : chercher à améliorer un score sans commencer par comprendre ce qu’il mesure.
EcoIndex : la sobriété d’une page plutôt que sa vitesse d’affichage
EcoIndex se présente comme un outil permettant d’évaluer la performance et l’empreinte environnementales d’une page web.
Son calcul repose notamment sur trois indicateurs :
- le nombre d’éléments du DOM
- le nombre de requêtes HTTP
- le poids des données transférées.
Ces trois critères ne sont pas pondérés de la même manière. La complexité du DOM compte pour 3, le nombre de requêtes pour 2 et le poids des données pour 1 dans le calcul. EcoIndex justifie notamment la surpondération du DOM par l’importance de l’impact environnemental du terminal de l’utilisateur.
Cela change considérablement la façon d’interpréter le résultat.
Une page légère peut ainsi obtenir un score EcoIndex moyen si son DOM est complexe. À l’inverse, une page légèrement plus lourde peut obtenir une bonne note grâce à un DOM simple et à un faible nombre de requêtes.
EcoIndex ne cherche donc pas à répondre principalement à la question :
« En combien de temps l’internaute verra-t-il le contenu principal de cette page ? »
Il cherche davantage à évaluer la sobriété technique et la performance environnementale de la page.
EcoIndex précise d’ailleurs lui-même que son analyse automatique ne remplace pas une analyse experte complète et recommande de comparer des pages de même nature.
PageSpeed Insights : comment la page se comporte-t-elle dans des conditions exigeantes ?
PageSpeed Insights poursuit un autre objectif.
L’outil de Google s’appuie notamment sur Lighthouse pour analyser les performances d’une page et, lorsque suffisamment de données sont disponibles, peut également présenter des données issues de l’expérience réelle des utilisateurs.
Son test mobile est particulièrement intéressant.
Il permet de mettre en évidence des problèmes qui peuvent être pratiquement invisibles sur un ordinateur récent connecté à la fibre : contenu principal apparaissant tardivement, ressources bloquant l’affichage, JavaScript coûteux, décalages visuels…
On y retrouve notamment des indicateurs tels que :
- le FCP (First Contentful Paint) : quand le premier contenu devient visible
- le LCP (Largest Contentful Paint) : quand le principal élément visible est affiché
- le TBT (Total Blocking Time) : le temps pendant lequel le navigateur est bloqué par des tâches longues
- le CLS (Cumulative Layout Shift) : la stabilité visuelle de la page.
PageSpeed ne mesure donc pas la sobriété d’une page de la même manière qu’EcoIndex.
Une page peut avoir peu de requêtes et un DOM très raisonnable tout en affichant tardivement son contenu principal sur mobile.
Et c’est précisément ce que j’ai observé.
GTmetrix : encore une autre lecture des performances
GTmetrix s’appuie également sur Lighthouse, mais cela ne signifie pas que ses résultats doivent être identiques à ceux de PageSpeed Insights.
GTmetrix mesure notamment le LCP, le TBT et le CLS et complète ces données par ses propres analyses de structure et de chargement.
Surtout, les conditions de test diffèrent.
GTmetrix explique lui-même que les écarts avec PageSpeed peuvent provenir de nombreux paramètres : matériel utilisé, vitesse de connexion, localisation du test, résolution d’écran, méthodologie ou encore manière dont Lighthouse est exécuté.
Les conditions de test de GTmetrix et de PageSpeed Insights ne sont pas identiques : environnement, matériel simulé, connexion, localisation ou méthodologie peuvent notamment différer.
Il devient alors beaucoup moins surprenant de constater un LCP inférieur à une seconde dans GTmetrix et de plusieurs secondes dans PageSpeed mobile.
Les deux chiffres ne décrivent tout simplement pas exactement la même situation.
Un premier cas concret : Webmarketing-TPE
J’ai réalisé cette analyse sur la page d’accueil de Webmarketing-TPE.
EcoIndex lui attribue actuellement une note D, avec :
- 0,704 Mo transféré
- 880 éléments dans le DOM
- 52 requêtes
Le poids de la page est donc très raisonnable. En revanche, EcoIndex pénalise notamment sa complexité DOM.
En analysant cette complexité, j’ai constaté qu’une part non négligeable provenait de fonctionnalités parfaitement volontaires, notamment le système de navigation et l’en-tête fixe du site.
Fallait-il les supprimer simplement pour gagner une lettre dans EcoIndex ?
À mon sens, non.
Une optimisation technique n’a de sens que si son bénéfice est supérieur à ce qu’elle fait perdre en ergonomie, en fonctionnalités ou en efficacité commerciale.
Mais l’analyse nous a également conduits vers une autre piste.
Le site utilise Ultimate Addons for Elementor et de nombreux modules étaient activés alors qu’ils n’étaient pas utilisés.
Ils ont donc été désactivés automatiquement grâce à la fonction prévue à cet effet par l’extension.
Et les résultats ont été intéressants.
Avant cette optimisation, PageSpeed Insights mobile donnait environ :
- 79/100 en performance
- FCP : 3,3 s
- LCP : 3,9 s
- TBT : 10 ms
Après nettoyage, plusieurs tests ont donné :
- 85 à 87/100
- FCP : 2,7 s
- LCP : 3,4 s
- TBT : 0 ms
GTmetrix est parallèlement passé, lors de nos mesures, de :
- 96 % à 100 % en performance
- 98 % à 99 % en structure
- un LCP de **1,1 s à 427 ms
On pourrait donc s’attendre à une nette progression d’EcoIndex. Ce n’est pratiquement pas ce qui s’est produit.
Avant le nettoyage, une mesure EcoIndex donnait 0,699 Mo – 879 éléments DOM – 54 requêtes.
Après 0,704 Mo – 880 éléments DOM – 52 requêtes.
Autrement dit, une optimisation clairement visible dans PageSpeed et GTmetrix est presque invisible dans EcoIndex.
Ce n’est pas une faiblesse d’EcoIndex.
C’est simplement la conséquence du fait que nous ne mesurons pas la même chose.
Un deuxième site donne presque le résultat inverse
J’ai ensuite effectué les mêmes mesures sur un autre site vitrine.
Cette fois, EcoIndex est nettement meilleur B – 72/100.
La page présente notamment :
- 404 éléments DOM
- 23 requêtes
- un poids de 1,058 Mo
Comparée à Webmarketing-TPE, elle comporte donc moins de la moitié des éléments DOM et moins de la moitié des requêtes.
Du point de vue d’EcoIndex, l’avantage est considérable.
Mais PageSpeed Insights mobile donne :
- 79/100
- FCP : 3,2 s
- LCP : 4,1 s
- TBT : 0 ms
- CLS : 0
Le site qui obtient B sur EcoIndex présente donc, lors de ce test, un LCP mobile moins bon que le site classé D.
Et GTmetrix ?
Il attribue pourtant à cette même page :
- A
- Performance : 100 %
- Structure : 98 %
- LCP : 569 ms
- TBT : 0 ms
- CLS : 0,01
Même site, même page, trois lectures sensiblement différentes.
EcoIndex B et PageSpeed 79 : y a-t-il contradiction ?
Non.
EcoIndex nous indique que la page est relativement sobre : DOM réduit, peu de requêtes et poids contenu.
PageSpeed nous indique que, dans son scénario mobile, le principal contenu visible met plus de temps qu’il ne le devrait à apparaître.
GTmetrix nous indique que, dans ses propres conditions de mesure, la page se charge extrêmement rapidement et possède une excellente structure technique.
Les trois constats peuvent être vrais simultanément.
C’est précisément pour cela qu’il faut résister à la tentation de résumer la qualité technique d’un site à une note.
Un badge EcoIndex est-il une preuve qu’un site est rapide ?
Certains sites affichent leur note EcoIndex sous la forme d’un petit badge, souvent dans leur pied de page.
C’est parfaitement légitime si l’objectif est de communiquer sur la sobriété numérique du site.
Une bonne note constitue un indicateur intéressant de sa conception au regard des critères utilisés par EcoIndex.
Mais attention à ce que le visiteur en déduit.
Un badge EcoIndex B ne signifie pas : « ce site est très rapide sur mobile ».
Il signifie que la page obtient une bonne performance environnementale selon la méthodologie EcoIndex.
Ce n’est pas la même affirmation.
Le badge peut donc avoir un intérêt en matière de communication environnementale ou RSE. En revanche, il ne constitue ni une certification générale de performance web, ni un indicateur SEO à lui seul.
Performance site web : quel outil un SEO doit-il utiliser ?
La réponse n’est surtout pas d’en choisir un et d’abandonner les deux autres.
Je les considère plutôt comme trois instruments de mesure complémentaires.
- EcoIndex permet de s’interroger sur la sobriété de la page : sa complexité, son poids et les ressources nécessaires à son fonctionnement.
- PageSpeed Insights est particulièrement précieux pour identifier les problèmes de performance d’un site web susceptibles d’affecter l’expérience utilisateur, notamment dans des conditions mobiles exigeantes, et pour travailler autour des métriques Web Vitals.
- GTmetrix est un excellent outil de diagnostic pour analyser le comportement du chargement, les ressources utilisées, les Web Vitals et la structure technique de la page.
Mais aucun score ne devrait devenir un objectif en soi.
Le piège : optimiser le score plutôt que le site
C’est probablement la principale leçon que je retiens de ces tests.
Si je m’étais fixé comme objectif de faire passer Webmarketing-TPE de D à C sur EcoIndex, j’aurais pu être tenté de supprimer des éléments du DOM, de simplifier la navigation ou de renoncer à certaines fonctionnalités utiles.
Cela aurait peut-être amélioré EcoIndex. Mais cela aurait-il amélioré le site ? Pas nécessairement.
À l’inverse, la désactivation de modules Elementor inutilisés a produit une amélioration mesurable de PageSpeed et de GTmetrix, sans pratiquement modifier EcoIndex.
C’était pourtant, pour ce site, une optimisation beaucoup plus pertinente.
Un consultant SEO ou un responsable de site ne devrait donc pas demander : « Comment gagner dix points dans cet outil ? »
Il devrait commencer par demander : « Pourquoi cet outil me donne-t-il cette note, que mesure-t-il exactement et y a-t-il ici un problème qui mérite réellement d’être corrigé ? »
Trois outils, trois points de vue, une seule décision à prendre
EcoIndex, PageSpeed Insights et GTmetrix ne sont finalement pas trois arbitres chargés de désigner le meilleur site.
Ce sont trois points de vue.
- L’un attire l’attention sur la sobriété et la complexité technique
- L’autre met notamment le site à l’épreuve dans des conditions mobiles exigeantes
- Le troisième permet d’observer très précisément son comportement technique dans ses propres conditions de test.
En matière de performance site web, le travail commence donc après l’obtention du score.
Il faut comprendre ce qui le produit, identifier ce qui mérite réellement d’être corrigé, mesurer l’effet de la modification et vérifier qu’elle n’a pas dégradé autre chose.
Car un site web n’est pas conçu pour obtenir un A, un 100 ou un voyant vert.
Il est conçu pour être visible, rapide, utilisable et efficace pour les personnes auxquelles il s’adresse.
Et votre site, que faudrait-il réellement améliorer ?
EcoIndex, PageSpeed ou GTmetrix vous signalent des résultats décevants ou contradictoires ? Avant de modifier votre site pour gagner quelques points, encore faut-il savoir ce qui mérite réellement d’être optimisé.
Avec mon Analyse Flash SEO, j’identifie les principaux freins à la visibilité et à l’efficacité de votre site, ainsi que les actions à traiter en priorité.
Vous repartez ainsi avec une première analyse concrète de votre site et des priorités claires, plutôt qu’avec une simple succession de scores.
Cet article a été publié par Webmarketing TPE, spécialiste de la visibilité Google, du référencement naturel
et du positionnement stratégique pour les petites entreprises.



